Tête à tête avec Bill

Tête à tête avec Bill
Chapitre 6 . Tête à tête avec Bill .


°|POV Roxane|°

« Viens avec moi au parc Bill . S' il te plaît . Tom, salut ! »

Je ne sais pas pourquoi je lui ai demandé de venir avec moi . Une envie soudaine . Tant pis . Je ne peux pas le congédier maintenant . Il n'a même pas dit un mot . Pas un seul . Je l'en suis reconnaissante . Pour le remercier , je lui fais un grand sourire . Je pense qu'il ne comprend pas . Pas grave .
Quand on arrive en bas des escaliers , je passe la tête par l'entrebâillement de la porte de la salle à manger .

-Je vais au parc avec Bill .

Je ne me préoccupe pas des lamentations de mes parents qui disent qu'il est trop tard . Je m'en fout . Je les laisse derrière moi . Derrière nous .
Dehors le froid me saisi . Le vent est glacial . C'est rien . Le silence entre Bill et moi a quelque chose d'apaisant . Après réflexion , je ne regrette pas . Je ne regrette pas qu'il soit là . Je ne regrette pas de lui avoir demander de venir avec moi . Je frissonne . Nos pas raisonnent en c½ur dans le calme de la nuit . Il ne dit toujours rien . Mais je sens qu'il me regarde de temps à autres .

Après quelques minutes de marche . Où nos pieds nous ont conduit tout seul . On arrive au parc . Je cours à toutes jambes avec un « Harry ! » réjoui . Je me sers au tronc . Bill me rejoint avec un énorme sourire .

-Harnold tu veux dire
-Pardon ?
-J'ai décidé que ce vieil arbre s'appellerait Harnold !
-Quand ça ?
-Y a pas si longtemps mais -
-Je l'ai nommé Harry quand j'avais 6ans . Je crois que j'ai gagné .


Et je souris . Bill s'approche de Harry et lui murmure « Pour moi , tu seras toujours mon bon vieux Harnold ! »
On rit tous les deux . Je me laisse glisser le long de l'arbre . Bill s'assied à côté de moi . Il sent bon . Vraiment très bon . Et je me sens bien à côté de lui . Je dis :

-Tu viens souvent ici .

C'est davantage une affirmation qu'une question mais il répond :

-Tous les jours depuis que je vis dans le quartier .
-Mh . Moi aussi ... Quand je venais en vacances ici .
-La nuit ...
-Oui . Je suis une putain d'insomniaque . Mais le jour aussi
.

Bill me regarde avec insistance . Une vague d'incompréhension dans les yeux . Ça sent la discussion sérieuse . A plein nez . Confiance ? Pas confiance ? Je ne sais pas . Il ouvre la bouche . La referme . L'ouvre encore . Et la referme de nouveau . Je souris .

-Mais parle crétin . J'ai jamais mangé personne .
-Pourquoi tu es partie tantôt à table ?
-Pourquoi le père Noël n'existe pas vraiment ?
-Mademoiselle se défile toujours hein .
-Mademoiselle t'emmerde mon grand .
-S'il te plaît, réponds .


Je soupire profondément . Oh et puis merde . Ma bouche fourmille . Les mots me fracassent le crâne . J'ai besoin de parler . Et peu importe ce que je dis . Je pourrai toujours plaider une mystérieuse nocturne maladie qui pousse à la folie . Ou une crise de somnambulisme insoupçonnée .

-C'est dur à expliquer .
-Essaie toujours .
-T'es peut être trop con pour comprendre aussi
.

Je me marre toute seule de mon ironie . En partie parce que je sais que la remarque n'est pas du tout avérée . Il ne relève même pas .

-Ça t'a vexée que je parle de toi à Tom ?
-C'est pas ça . Ecoute . J'ai jamais eu de chance avec les mecs . Avec le genre humain en général d'ailleurs . Tous des pourris . Pris dans un sens . Ou dans un autre . Sans équivoque aucune . J'ai fini à déprimer du Nutella à la petite cuillère .


J'hésite . Soupire . Reprends .

-Je me suis promise de ne plus m'attacher à personne . Encore moins aux garçons . On m'a toujours trahit . Toujours abandonnée .

« Ou alors c'est toi qui abandonne quelqu'un que tu aimes Roxane » je pense . Amère . Je l'ai abandonné . Une vague de larmes me montent dans le corps . Je ravale tout . J'ai doublement raison . Ne jamais s'attacher . On finit toujours pas être séparé . Toujours par souffrir . Il doit être sur notre banc en ce moment . Peut être il pense à moi . Moi je pense à lui . Au côté d'un autre . La colère m'atteint d'un coup .

-La vie est une pute Bill ! Elle n'est clémente qu'avec les plus offrants ! Je n'ai rien à offrir moi . Elle s'acharne ! La pute !
-Ne dis pas ça Roxane .


Il me serre un instant contre lui . La colère redescend . Je me détache rapidement de son corps . En douceur .

-Quand j'ai compris que tu avais parlé de moi à Tom . Ça m'a fait plaisir . Ça ne devait pas me faire plaisir Bill . C'est mauvais signe .
-Mauvais signe ?
-Bon m'gamin , je crois que c'est clair . Je ne veux pas m'attacher à toi .


Il ne dit rien . Je ne veux pas m'attacher à lui . Mais je l'ai amené dans le parc . Le lieu qui me ressemble le plus . Celui où je me sens le mieux . Et je lui raconte ma vie . Logique . Tout à fait logique .
Je grelotte de froid . Il retire sa veste et la glisse sur moi . Je pose ma tête sur son épaule . Il sent bon . Il joue avec une mèche de mes cheveux . Je soupire de bien être .

-Si je suis gentille ce soir . Si et seulement si . Ne t'y habitue pas .
-Tu es gentille ce soir .
-Mouais . Et bien t'y habitues pas trop .
-Pourquoi ?
-Parce que demain je ne le serai plus . La gentillesse ça me prend de temps en temps . Ça dure pas .
-Tu n'es jamais méchante .
-Si tu le dis .


Il sourit légèrement . Ses yeux sont perdu dans l'eau . Ses magnifique yeux chocolat . Je bascule la tête en arrière . Les étoiles . J'ai toujours adoré les étoiles . Souvent la nuit je les regarde . Et je me sens bien face à elles . Il n' y a plus de question à se poser . Il n'y a plus de problèmes . Je n'existe même plus . Il n'y a plus qu'elles . Elles et la sensation infinie que plus rien n'a d'importance . Avec elles, je me sens bien .

-C'est beau les étoiles .
-Toi aussi tu es belle .
-Taisez vous Monsieur Bill Kaulitz .
-Tu as raison . C'est beau les étoiles .
-Tokio Hotel ! L'étoile montante du rock allemand . Blablablaaaa .


J'éclate de rire . Un rire sincère et plein de joie . Je me surprends moi-même .

-Au fait vous êtes en vacances ?
-Disons qu'on est pas en tournée . On a encore quelques obligations . On écrit, on compose aussi . On enregistre dans quelques mois .
-C'est ça oui . Vous en foutez pas une ouais . Glandeurs .


Il rit comme un gamin . Me dit qu'il me présentera Gustav . Et Georg . Un silence s'installe . Ses doigts continuent à jouer avec une longue mèche noire de mes cheveux . Toute douce . Je le sens soucieux .

-Tu penses quoi de Tom ?
-Pas grand chose jusqu'à maintenant .
-Menteuse .
-Je crois que niveau confidence , j'ai assez donné pour aujourd'hui .
-Tu vas redevenir une demi carpe demain ?
-Sans doute .
-C'est dommage .


Je hausse des épaules .

-Au moins t'es prévenu . Je redeviens une méchante muette dés demain .
-Foutaises .


Bill est incroyablement beau . Je me sens proche de lui . Je ne devrais pas . Je le sais . Mais je n'ai pas peur . Du moins pas encore . Bizarrement, Tom m'effraie davantage . Je regarde ses yeux . Je n'y vois que de la douceur . Je n'arrive pas à croire qu'il pourrait un jour me faire mal . Mais je n'en croyais pas capable les autres non plus . Je ne parle pas d'amour . Juste d'attachement . J'expire profondément . La voix de Bill me sort de mes pensées .

-Ta chanson là . Le doigt sur mon étoile de Ind... Indo ...
-Indochine .
-Oui voilà Indochine .


Je ris en entendant son accent pour prononcer ce nom de groupe . C'est mignon . Il rougit . Reprend .

-Un bout de paroles dit « Personne ne sait qui je suis en vrai »
-Ouais . Et alors ?
-C'est vrai pour toi ?
-Une personne sait qui je suis en vrai . Une seule .
-Qui ça ?
-Je l'ai laissé . Je ne tiens pas à en parler . Putain je suis pleine de convenance aujourd'hui .


Sur ses mots je m'endors sur son épaule .

Il est environ 4heures . Je me réveille . Je me mords la lèvre des souvenirs de la veille . Quand je quitte son corps , Bill lève les yeux vers moi . Il semble fatigué . Mais pas endormi . Il n'a pas dormi . Il est resté là à me regarder dormir des heures . Dans le froid . On dirait un gamin quand il me regarde avec cet air là . Très mignon . Si c'est un gamin, tu es sans hésitation une pédophile dégueulasse Roxane . Mes pensées sont stupides parfois – Parfois seulement ?! – Ne m'en voulez pas . Sa voix est rauque .

-Tu vas où ?
-Je rentre .
-On se reverra vite ? dit-il dans un sourire .
-Mais oui crétin . D'ailleurs tu rentres avec moi .



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Ben voilà . J'ai écrit ça la nuit dernière . Oui il semblerait qu'il n'y ai pas que Roxane-le-personnage qui soit une putain d'insomniaque . Roxane-la-créatrice aussi ^^ J'espère que ça vous plaît . Moi pas trop à vrai dire . Je ne trouve pas le chapitre très accrocheur :/ Mais bon . En plus je le trouve plutot « haché » . Je voulais parler de plusieurs choses et ça ne s'accorde pas forcément à merveille . Han j'ai un petit peu honte de vous avoir fait attendre pour ça quand même ... Enfin . J'attends vos avis . Vos commentaires . Et vos hypothèses de suite .
Vous l'aurez compris , j'adore savoir ce que vous imaginez qu'il va se passer . ^^ Passer tout de suite après . Ou plus loin dans la fic d'ailleurs .
A part ça , ben ce chapitre même si pas très passionnant est censé servir à vous en apprendre davantage sur le personnage de Roxane . Et peut être vous laissez entrevoir une autre facette de sa personnalité .
D'ailleurs que pensez vous du personnage de Roxane ? Pensez vous qu'elle soit méchante ou trop indifférente justement ? Donnez moi votre avis sur elle !

Et pour finir je voulais faire un remerciement spécial à c3rise-th qui m'a fait le plus beau commentaire de tout les temps ^^ Merci à toi . Vraiment . C'est ce genre d'encouragements qui me poussent a continuer . Merciiii ! et puis merci a tous les autres aussi ^^

Tchus !

PS : sauve-m0i-des-dragibus , j'aime bien moi le pseudo ^^

# Posté le mardi 03 avril 2007 04:02

Modifié le mardi 03 avril 2007 06:24

ONE SHOT .

ONE SHOT .
Ben pas encore la suite ( elle est en grande partie écrite mais pas encore tout a fait , je la finirai cette nuit et la taperez et posterez demain normalement - oui partage de l'ordi oblige avec mon grand frère, j'écris tout manuscritement avant . )
Donc voilà , faute de mieux , une petite one shot que j'ai écrit la nuit dernière ( oui oui je pense à ecrire un manuel " comment passez le temps durant ses insomnies " ^^ )
Euh elle est peut être un peu ... comment dire ... speciale mais bon . Soyez clément , je ne suis que ... je ne vais pas dire que je suis débutante parce que j'écris depuis que je sais écrire et que je suis fascinée par la lecture c'est à dire depuis que je sais lire aussi . Hum . C'est cela Roxane raconte ta vie . Je disais donc soyez cléments car même si j'aime écrire depuis toujours , je n'ai jamais fait ça que pour moi , pour me détendre ou m'extérioriser un peu et j'ai jamais fait partager ça a personne . Voilààà .
Donc encore une fois, j'aimerais vos avis . Aimez vous que je mette une one shot de temps à autres ? ( A vrai dire que vous aimiez ou non, je continuerez parce que je fais ce que je veux mais je prends vos avis en compte aussi ^^ ) Voila je crois que c'est tout ^^


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ONE SHOT N° 1.


La ballade .


Ce n'est pas que l'air lui parvient difficilement . C'est qu'il lui est complètement irrespirable . Elle se balade . Ce n'est pas qu'autour tout est noir . C'est que le noir elle le broie . Elle se balade . Ce n'est pas qu'une larme coule sur sa joue . C'est que des gouttes acides lacèrent littéralement son visage . Elle se balade . Ce n'est pas qu'elle s'avoue vaincue . C'est qu'elle est vaincue d'avance . Elle se balade . Ce n'est pas même que son c½ur est brisé . C'est qu'elle a le sentiment certain qu'un trou béant le remplace . Elle se balade . Ce n'est pas qu'elle aime jouer avec la mort . C'est qu'elle se sent déjà morte . Elle se balade . Ce n'est pas qu'elle est ivre . C'est qu'elle titube d'incertitude . Elle se balade . Ce n'est pas qu'elle se plait à s'égarer . C'est qu'elle est perdue . Elle se balade . Je vous le dis . Ce n'est pas que l'amour rend aveugle . C'est que la solitude rend aveugle . Ou alors c'est qu'elle ferme les yeux très fort . Elle se balade . Sur la corniche du toit elle se balade . Dans son esprit tout se trouble . Elle lève le pied bien haut . Ses deux bras sont tendus à l'horizontal . Pose son pied devant l'autre doucement . Ses bras tendus à l'horizontal se balancent . Elle avance en déséquilibre sur la corniche du toit . Sa vue se trouble par les pleurs . Elle arrive au bout , ses yeux se perdent dans le vide . Elle n'a même pas peur . Elle s'en fout . Elle n'est pas une de ces filles qui se plaint tout le temps . Son truc à elle, c'est plutôt de se taire . Elle se balade . Fais demi tour et recommence . Ça lui plait d'être là . Pour une fois, elle détient entre ses mains le pouvoir . Elle a le contrôle . Pour s'en convaincre davantage, elle tend le pied au vide , se sent engouffrée et le repose . Elle se balade . Balade son c½ur . Elle ne croit plus . Et ça lui va comme ça . Pour elle tout est clair et pour elle tout est creux . Elle a les mains vides, le c½ur blanc . Elle a la tête pleine et les yeux clos . Elle se balade .
Ce qui est l'insignifiant des uns est l'obsession tuante des autres . Une autre . Tout le monde sait ça .
En bas , la ville est calme . Qui se préoccuperait d'une petite ombre qui se balade sur un toit . C'est une belle nuit d'été pourtant . Il y a des effluves d'odeur de fleurs portés par le vent qui caressent le nez des passants . Le ciel est d'un bleu nuit profond vrillé de points brillants . Quelque part sûrement des amoureux s'aiment et se perdent ensembles dans ce même ciel . Des lampadaires éclairent la rue à intervalle régulier et sur la rue , il y a une voiture qui passe par ci par là , de temps à autres . Même elles ne semblent pas être pressées . Pas loin, il y a deux jeunes qui mangent une glace. Ils s'aiment . Ils n'ont qu'une glace pour deux qu'ils se sont achetés en fouillant leurs poches , réunissant cent après cent . Il avait cédé devant ses yeux implorants pour une bouce chocolat . Lui il préfère la vanille . Sur le toit des pas raisonnent .



- Spring nicht .


Elle se détourne de la vue que ses yeux dévoraient miettes après miettes .


- Spring nicht !


Les yeux qui la fixent avec inquiétude sont d'un chocolat profond . Elle penche la tête pour scruter son visage dans l'obscurité . Et elle comprend . L'allemand aussi elle comprend . Elle ne sautera pas . Plus maintenant . Elle n'a plus même de raison de se balader sur une putain de corniche de toit . Les yeux en chocolat la fixe toujours .
Il y a des jours comme ça où tout semble prendre un sens . Cette nuit est l'un de ses jours .
Elle descend de la corniche pour s'approcher du regard chocolaté .



- Je ne saute pas .


Elle attrape d'une main une des dread qui cachait son beau visage . Le garçon lui aussi a comprit . Il se mort les lèvres à l 'idée qu'il aie pu décider de ne pas monter sur le toit . Pour se balader .
Ils s'approchent l'un de l'autre sans savoir ce qui les attendent . Elle ne peut plus quitter son visage des yeux : son regard est doux et sa bouche est tendre . Ses mains se posent sur sa taille alors que ses bras s'enroulent autour de son cou . Leurs paupières se closent . Ils s'enivrent .
Cette nuit, sur un toit de la ville , deux bouches s'unissent dans un baisers fougueux . Deux langues valsent à n'en plus pouvoir . A en perdre la raison .
Oui tout a pris un sens . L'air ne lui est pas irrespirable . Il lui semble bon et pur . Elle ne se balade plus . Elle ne broie pas de noir . Il n'y a que le ciel pour être noir , un noir apaisant . Elle ne se balade plus . Il n'y a pas de larmes sur sa joue . Il n'y a qu'un souvenir mouillé . Elle ne se balade plus . Elle n'est pas vaincue d'avance . Elle ne s'avouera jamais vaincue . Elle ne se balade plus . Un trou ne remplace pas son c½ur . Elle ne l'a jamais senti battre aussi vite dans sa poitrine . Elle ne se balade plus . Elle ne se sent pas morte . Elle ne veut jouer qu'au jeu de la vie . Elle ne se balade plus . Elle n'est pas ivre . Elle titube de bonheur . Elle ne se balade plus . Elle ne se perd plus . Il l'a trouvé . Elle ne se balade plus . Je vous le dis . L' amour ne rend pas aveugle . L'amour rend heureux .
Cette nuit sur un toit de la ville , une voix
.

- Je t'attendais depuis si longtemps !

# Posté le mardi 03 avril 2007 14:19

Modifié le mardi 03 avril 2007 14:46

Gustav et georg .

Gustav et georg .
Chapitre 7 – Gustav et Georg .


°| POV Bill |°


Après je rentre avec elle . Je suis fatigué . Je suis resté là, à la regarder dormir . Des heures durant . Mais comment aurais-je pu détacher mes yeux d'elle . Elle ne parle pas . Et je crois qu'elle ne veut pas que je parle non plus .
Je la raccompagne jusqu'à l'entrée . A la porte elle se tourne vers moi , un sourire aux lèvres .

- Cliché du premier baiser devant la porte de la jeune fille hein . Si ce n'est pas mignon .

Elle baisse la tête . Et laisse ses longs cheveux inonder son visage blanc . Quand je lui fais relever le visage de deux doigts sous le menton . Elle se mordille la lèvre . Elle me fixe de ses grands yeux apeurés .

- Roxane je -

Elle m'attrape la main qui n'a pas quitté son menton . La serre quelques secondes dans la sienne . Puis la repose le long de mon corps . Elle se hausse sur la pointe des pieds . A mon oreille .

- Bonne nuit Bill .

Je n'ai pas le temps de répondre que je me retrouve seul comme un crétin devant la porte de chez elle .

( ... )



- Elle dort encore . Sa chambre c'est –
- On sait ! Dis-je sans laisser au père de Roxane le temps de finir


Avec Tom , on se précipite dans les escaliers . J'ouvre doucement la porte de sa chambre .Je ne peux réprimer un sourire quand je la vois encore endormie et emmitouflée dans un amas de couette . Tom souris aussi . Je ne lui ai fait un résumé que très sommaire de ma soirée avec Roxane . Je sais que lui aussi ne m'a dit que ce qu'il voulait bien .
On se regarde d'un air complice . Grande inspiration et d'une même voix .

- ROXANEEUUH !

Un grognement échappe du tas de couettes .

- Allez les yeux bleus . DEBOUT ! s'exclame Tom .
- Putain ! Vos gueules !


Sa voix est caverneuse .Elle enfouit sa tête sous les couvertures . Tom et moi on se met à hurler en tapant des pieds et des mains . Et en effectuant une danse ridicule . Roxane attrape un de ses nombreux oreillers et me l'envoie à la gueule .

- DEGAGEZ !

Tom pouffe de rire . Elle aussi quand elle voit mon air ahuri . Elle s'étire . Seuls ses bras et sa tête sortent de son nid de couvertures . Elle nous regarde à tour de rôle d'un ½il encore endormi . Et légèrement exaspéré . Elle soupire .

- Je résume la situation . On se connaît depuis hier . Autrement dis , on ne se connaît PAS . Je sais juste que vous êtes des putains d'emmerdeurs mais genre on est des vieux pottes vous venez à ma chambre me réveiller au petit matin .
- Il est 12h !
- C'est ce que je dis .


Elle a un petit sourire . Je crois que Tom est aussi amusé que moi .

- Bon quitte à m'avoir réveillée . Vous voulez quoi ?
- En fait, on va voir Gustav et Georg . On pensait te les présenter dit Tom .


Elle acquiesce . Semble hésiter . Et contre toute attente, accepte l'invitation .

- Tournez vous .
- On a déjà vu une fille en pyjama tu sais .
- Tournez vous !


Alors on se tourne . Tom joue avec une de ses dreads . Il n'a pas mis de casquette aujourd'hui . Bizarre . Il se racle la gorge . Je sais ce qu'il va dire avant même qu'il ne parle . Truc de frères jumeaux .

- J'te pensais pas jouer les petites filles gênées .
- Si tu veux tout savoir . Je dors toute nue . C'est pour ça .
- Quoi !?


Il allait se retourner mais je l'en empêche en lui attrapant brutalement le bras . Moi aussi j'ai refoulé l'envie de la regarder en entendant ça . Tom se racle de nouveau la gorge .

- Tu m'en veux pour hier ?
- Non . Il m'en faut plus que ça .


De quoi il parle ? Tom sourit .

- Voilà .

Je me sens m'attendrir quand je me retourne et la regarde . M'attendrir et me troubler . Elle n'est vêtue que d'un long t-shirt . Noir . Qui lui arrive peu au dessus du genoux . La tête penchée sur le côté , elle défait la tresse qui lui noue les cheveux , jetée sur son épaule droite . Tom émet un sifflement admiratif . Il s'approche d'elle d'un pas engageant . Son fameux sourire qui les fait toutes craquer sur le visage . Elle plante ses yeux dans les siens et s'exclame :

- Tom ! Repos !
- T'es pas marrante les yeux bleus !
- Nutella ?


Nutella . Le mot magique .On l'a suit dans la cuisine . Ses parents ont apparemment déserté la maison . Tom et moi on s'empiffre de tartine de Nutella . Elle pas . Elle s'empiffre de Nutella tout court . Elle plonge le doigt dans le pot, le fait tournoyer , le ressort couvert de pâte brune avant de l'enfourner dans sa bouche une expression gourmande sur le visage . Ça a quelques chose de sensuel je dois dire . Tom la regarde avec un sourire en coin .

- Petite perverse va .

Elle lève les yeux vers lui . Souris légèrement . Elle entrouvre la bouche pour laisser voir sa langue tourner autour de son index . Puis le suçote avant de le laisser glisser sur sa lèvre rouge . J'ouvre grands les yeux . Autant une pouffe faire ça , ça ne me fait rien . Autant elle . Elle éclate de rire . M'adresse un sourire . Tom lui, a lâché un « Mmhh » appréciateur . Elle se lève, attrape un papier où je la vois griffonner un mot en français . Pour ses parents je suppose .

« Je suis partie pour la journée avec Bill et Tom . Ne m'attendez pas . »

Elle sort de la cuisine . « Bitch or not bitch Tom » C'est tout ce qu'elle dit en franchissant la porte . Elle ne sourit plus . Ses yeux ont repris leur teinte triste . Elle soupire . Ses fameux soupirs .

Quand elle revient, je suis littéralement époustouflé . Elle porte un serre-taille noire au dessus d'une chemise blanche décolletée . Sa jupe n'est qu'une multitude de différents tissus noirs superposés . Ses yeux sont joliment maquillés de noir . Elle esquisse un sourire en rougissant puis fronce les sourcils .

- On ferme la bouche et on y va ?

Mon frère et moi , dans une même attitude fermons la bouche, secouons la tête comme pour nous remettre les idées en place avant de hausser les épaules . Roxane sourit tristement avant de lever les yeux au ciel .
Une fois dehors , elle nous demande comment on va voir Georg et Gustav . Tom et moi répondons d'une même voix .

- A pieds !
- On les rejoint où ?
- Chez eux . C'est à deux rues d'ici .


Elle ne dit plus rien . Elle avance à côté de nous , la tête basse, les cheveux masquant son visage . Ils se soulèvent avec le vent, brillent sous le soleil pâle d'avril . Tom fronce les sourcils . « Jamais tu les lèves tes pieds ? »

- Jamais. Réplique-t-elle sans même relever la tête .

Je n'avais pas remarquer le bruit régulier de ses éternelles bottines crottée , traînant sur le bitume . Tom a toujours été plus agacé que moi par les petits parasites sonores .
On arrive devant une grande maison que je connais bien . Une grande grille l'entoure . Je sonne . Quelques secondes plus tard , l'interphone grésille et une voix grave se fait entendre .

- Ouais ?
- Georg ? C'est Bill. Ouvre!
- Qui ça?
- Georg fait pas le con .


Un petit rire . Non . Deux petits rires résonnent dans l'interphone .

- Nan mais je t'assure que Bill ça ne me dit rien .
- Georg, c'est Tom . Fais pas chier, ouvre!


Roxane soupire avant de nous passer devant et d'appuyer sur la bouton de l'interphone .

- Georg , c'est Roxane . Tes idiots de copains m'ont réveillé trop tôt ce matin . Conséquence : je suis fatiguée . Je suis sûre qu'il y a des fauteuils confortables là-dedans . Ouvre .
- Euh.


Un bruit prévient de l'ouverture de la grille . On rentre . Quand Georg voit Roxane, il sourit en levant un sourcil et en portant une seconde sa main sous sa ceinture par automatisme .

- Alors c'est toi la voisine .
- Paraît .
- Joli très joli dit-il en jetant un coup d'½il aux parties stratégiques de son corps .
- Con très con .
- Moi c'est Georg .


Elle lui répond d'un hochement de tête . Gustav la regarde , les yeux cachés par la visière de sa casquette . Il enfonce les mains plus profondément dans les poches de son jeans . Je le connaît bien mon vieux Gustav . Pas de doute, il est intimidé . Je crois que Roxane l'a comprit . Elle s'approche de lui doucement , et avec un sourire maladroit lui retire sa casquette .

- Et toi c'est Gustav .
- Euh ... Bonjour ?
- Ouais selon l'usage . Où est le salon Gustav ?


De l'index, il lui indique une porte vers laquelle elle se dirige . On se regarde comme quatre cons avant de la suivre . Le salon qui est aussi la salle à manger est une pièce immense et accueillante . Il y règne une ambiance jeune . Jeune et désordonnée . Je vois que Roxane aime l'endroit même si elle masque plutôt bien l'expression admirative de ses yeux bleus . Ses mêmes yeux qui se portent sur un chevalet , au coin de la pièce . Elle s'en approche . Ce n'est pas une toile qui y est posé mais une plaque de carton blanc . Elle fronce les sourcils .

- C'est quoi ... ça ?

Les mecs et moi, on en mène pas large . Je lui réponds une main sur la nuque , plutôt embarrassé .

- Euh ... avec le groupe on voulait dessiner nous même la pochette de notre prochain album . On s'est rendu compte qu'on était pas très doué ...
- Pas du tout même .
- Merci pour les encouragements .


Je me renfrogne . Elle me sourit , amusée puis saisit le crayon posé sur le chevalet . En quelques secondes , le regard concentré , elle corrige tous les petits défauts de la petite partie de dessin vaguement concluante qu'on avait faite .

- Vous n'avez vraiment pas le sens de la perspective . Ni des proportions .

On échange un regard étonné tous les quatre . C'est Tom qui parle .

- Tu dessines depuis longtemps ?
- Depuis toujours .
- Tu nous caches quoi d'autres ?
- Rien . Je dessine . J'écris . Et j'ai soif .
- Qu..quoi ?
- Offrez moi une bière !


Deux heures plus tard, on est toujours là au salon . Confortablement installés avec nos bières . Roxane n'a pas énormément parlé . Ou alors à Gustav . Je crois qu'elle est attendrie par son côté intimidé . Lui , il l'adore déjà . Assise comme elle l'est , son serre taille appuie sur sa poitrine . Un peu comme ses femmes dans les films , habillée en habits d'époques , les belles robes et tout le tralala . A chaque inspiration , sa poitrine se gonfle . Calme le c½ur , on s'emballe pas . Au creux de ses seins , je vois une clé d'argent accroché à une chaîne toute fine . La voix murmurée de Tom me sort de mes idées .

- Je sais que le spectacle est admirable mais ... calme Bill .

Je ne m'étais pas rendu compte que je fixais cette partie de son anatomie depuis un bout de temps déjà . Le feu au joue , je bredouille avec un sourire gêné :

- La clé de ton c½ur ?
- Plus facilement celle de mes menottes dit-elle en jetant un regard à son pendentif avec un sourire provocateur . Provocateur mais comme triste .


Les autres éclatent de rire . Moi je ne ris pas . Elle non plus . Elle me jète un regard que je n'arrive pas à définir . Elle ne me lâche pas des yeux . Moi non plus .

- Tu veux l'hypnotisé là Roxane ?

C'était Tom . Le ton était légèrement agressif . Elle le regarde en ouvrant grand les yeux avant de les baisser en rougissant . Elle se lève et sort de la pièce . Tom nous regarde l'un après l'autre d'un air interrogateur .

- J'ai fait une connerie là ?

Je soupire et à mon tour sort pour partir à sa recherche . Je la trouve à faire les cent pas dans la cuisine .

- Ça va ?

Elle sursaute et me regarde furtivement de ses yeux bleus anxieux . Et lointains . Puis se re-concentre sur ses allers retours sans répondre . Elle s'arrête .

- Y'a du chocolat ici ?
- Dernières étagères . Je dis en lui indiquant une haute armoire .


Elle fait la grimace . Se dirige vers l'armoire et se hausse sur la pointe des pieds . Elle est trop petite . Par derrière je la saisis par la taille . Surprise elle tourne la tête brusquement mais me souris avec reconnaissance quand elle sent que je la soulève . Sa taille entre mes mains est tellement fine . Une finesse accentuée par son serre-taille . J'ai l'impression que je vais la briser . Elle attrape une plaque de chocolat blanc . Je la repose au sol . Avec la même expression que ce matin , elle déballe le papier . Et croque un gros morceau qu'elle garde entre ses dents sans le goûter . Elle casse un autre morceau qu'elle me tend . On déguste en silence . J'hésite .

- Euh Roxane pour hier -
- Il ne s'est rien passé hier dit-elle une expression désinvolte sur le visage .


Mais son regard s'est glacé . Et effarouché . Ses pupilles se sont légèrement dilatées . Je déglutis péniblement .

- Mais .
- Tu m'as mal comprise ou quoi ? Je-ne-veux-pas-m'a-tta-cher-a-toi !


Je sens comme une gifle invisible me frapper la joue . Son ton est dur . Très dur . Mais qu'est-ce qu'elle cherche ? Une sourde colère mêlée de tristesse me touche .

- Tu sais quoi Roxane . Je crois que c'est pas que tu ne veux pas t'attacher à moi . Mais que tu ne peux pas tant ton c½ur est mort !

Je sens toute colère me quitter quand je vois des larmes dans ses yeux . Pas des larmes qui mouille l'½il . Pas des larmes qui ourlent les cils . Des larmes invisibles . Des larmes refoulées par fierté . Je n'ai le temps de rien rajouter qu'elle a quitté la pièce , cachée par ses cheveux noirs . Je n'ai pas le courage de la suivre et retourne prés des autres gars . Leur discussion s'interrompe quand je rentre . Gustav me regarde avec perplexité .

- Elle est où Roxane ?
- Je sais pas .
- Quoi ? Mais ...
- Je pense qu'elle veut rester seule .
- Ah .


Il s 'était levé et rassit . Après quelques secondes d'un silence étrangement gêné les discussions reprennent . Sans grande conviction . Georg demande .

- Et Tom , t'as l'intention de la mettre dans ton lit la petite Roxane .
- Ça ne saurait tarder .
- Quoi !? T'en as l'intention ? Je sursaute .
- C'est évident !
- Tom ! Tu as toute les pouffes que tu veux ! Laisse-là !
- C'est pas pareil Bill ! Elle c'est différent .
- Bientôt tu vas nous parler d'amour j'ironise .


Je ne supporte pas que Tom parle d'elle ainsi . Mais je suis injuste . Ce qu'on dit de lui n'est pas vrai . Il n'est pas aussi sans-c½ur et collectionneur que les journaux le clament . C'est mon frère . Et je sais qu'il a sa complexité . Une grande complexité . Tom est peut être , ou semble être sûr de lui pour les coups d'un soir . Mais il est d'une grande timidité , doute et prend peur dés qu'il s'agit de sentiments . Mais d'un autre côté , c'est un séducteur . Un séducteur obstiné qui plus est . Et Roxane est moins forte qu'elle ne veut le faire paraître . Il soupire .

- Mais où est le problème Bill ?
- Le problème c'est que –


Je m'interromps . Je ne sais pas où est le problème . Je sens Georg complètement largué . Le pauvre , il ne pensait pas que sa question soulèverait la polémique . Gustav lui, me scrute le visage . Il toussote . Et me demande :

- Tu es amoureux d'elle ?

Tous les regards et particulièrement celui de Tom se tourne brusquement vers moi . Je ne réponds pas . Parce que je n'ai pas de réponse . J'ignore moi-même ce que je ressens .
Je sens une vague froide d'incompréhension m'envahir quand Tom s'exclame d'un ton trop neutre pour être sincère :

- Ouais et ben demande-lui de te parler de Samuel à ta Roxane avant de me faire des crises de jalousie !

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Voilà la suite . Longue suite . Je risque de ne pas poster pendant quelques jours parce qu'une squatte peut être chez moi a ma grande joie . ( Débauche powaaa ma flower ^^ )
Alors ben comme d'habitude hein . J'attends vos avis , conseils, commentaire etc ...

Quelques questions . A votre avis .

- Que ressent Bill ?
- Que ressent Roxane ?
- Que ressent Tom ?
- Une rivalité entre Tom et Bill va-t-elle se mettre en place ou un des deux va-t-il s'effacer ?
- Qu'est-ce qui pousse Roxane à être comme elle est ?
- Et y va se passer quoi apréééés ? ^^

# Posté le mercredi 04 avril 2007 12:42

Modifié le mercredi 04 avril 2007 12:58

ONE SHOT 2

ONE SHOT 2
Pas la suite . Pas eu le temps ni l'inspiration pour l'écrire . Mais une nouvelle one shot . Je voudrais vos avis ...

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ONE SHOT .


Le revers de la médaille .

Un jour, Bill s'arrêta en pleine rue ...
Parce qu'il est parfois plus facile d'oublier que d'affronter et d'attendre plutôt qu'agir . Le monde qu'il avait volontairement réglé autour de lui se mit en pause et ses souvenirs s'évaporèrent . Il ne restait plus que l'instant présent et son sentiment .
Pour lui , c'était certain , il s'était trop longtemps menti à lui-même .
Il regarda à gauche , à droite . Rien . La rue est déserte . Il n'y avait pas un seul passant . Pas une seule voiture . Le temps se serait-il arrêté pour de bon ?
Il avait cette impression désagréable que la lassitude s'était emparé de la moindre partie de son corps . Qu'elle l'enlourdissait même . Qu'elle engourdissait sa tête et l'empêchait de voir le beau si beau il y avait quelque part . Il en doutait fortement . L'air même qu'il respirait lui semblait fade . Plus rien n'avait de saveur .
Comment avait-il fait pour se laisser porter en des hauteurs aussi impressionnantes ? Comment cela avait-il pu le descendre si bas en même temps ?
Au début , sa vie lui sembla se muer en conte de fée bien sûr . Chaque jour se succédait avec plus d'euphorie encore que le précédent . Il s'était gonflé d'importance face aux regards clinquants des admirateurs .
Mais vint le jour où les projecteurs l'aveuglèrent . La lumière était trop forte . A présent, tel un prince boudeur , il regardait sa cours d'un ½il morne du haut de sa tour d'argent . Chacun s'indignerait s'il osait se plaindre . Un garçon jeune, riche, beau, adulé , qui amasse foule de filles prêtes à se damner pour lui n'en a tout simplement pas le droit . Question de décence envers les gens vieux, laids, pauvres, inconnus et qui n'amasse rien à part peut être les mouches ou les coupons de réduction au grands magasins le plus proche . Tout le monde s'y accordera . Et pourtant .
Tout ça ce n'était que du vent . Il le savait maintenant . L'amour qu'on lui donnait n'était qu'un amour factice . Une admiration déplacée pour son image, pas même pour lui . Parce que l' écart était grand . Une construction télé- et audio- visuelle . Mais quand il se retrouvait seul dans sa chambre d'hôtel , il ne restait plus rien . Ou un trop plein de rien . Il était plus seul même peut être que ces gens qu'on dit être à plaindre . Il aurait donné tout ce qu'il avait pour une fille . Une fille pour lui murmurer des choses sincères . A la place il avait un troupeau d'hystériques qui lui hurlaient des « ich liebe dich » insensés . Il en était venu à les détester . Toutes . Il nourrissait une haine sans égales pour elles .
Il était vide . C' était peut être la conclusion voire la finalité de sa vie : le vide .

Il était toujours arrêté en pleine rue . Parce qu'il est ridicule de rester ainsi prostré et parce qu'il ne faisait les choses que par obligation, il se remit à marcher . Sans en avoir envie . Comme à son habitude, sans but .
La rue entière était baignée d'un halo de lumière blafarde qui semblait davantage tenir d'une absence de couleur que du blanc réellement . Elle semblait être le lieu de travail géant d'un médecin légiste sous cette lumière . Une morgue géante . Voilà .
Plus il avançait , plus la rue s'assombrissait . Il n'était pas réellement effrayé , juste las . Ses pas le menèrent bien vite dans les quartiers mal famés . Ça empestait l'alcool, la fumée , la pourriture . La misère, ça sentait la misère à plein nez . Des seringues utilisées jonchaient les pavés salis du trottoir . Là où quelques clodos dormaient d'un seul ½il , où d'autres agonisaient plus ou moins . Bill n'était pas très à l'aise mais ses jambes s'obstinaient à le porter plus loin .
Il en avait assez . Simplement de faire toujours ce qu'on attendait de lui . Sa vie lui semblait routine . Routine dans l'abondance . Une abondance qui le saturait et le rendait nauséeux . Si on le prenait pour un Hercule des temps nouveaux, il se sentait davantage dans la peau d'une Danaïde . Chanter lui est vital mais il est plutôt incroyable que cela aie gâché sa vie . Amer revers de la médaille.
Il essayait de refouler l'envie de vomir qui lui tenaillait l'estomac . Une envie pas tant provoquée par tout ce qui se passait autour que pas lui-même . Lui et son inactivité face à sa vie depuis si longtemps.
Dans un coin, sur un bout de carton qui puisait la crasse humide, un chat noir léchait ses blessures pour les panser . Il feulait doucement . Si Bill avait su feuler , il l'aurait sans doute fait . Crier ou pleurer était devenu trop banal . Il s'approcha du chat . Dans un geste de réconfort ridicule , il tendit sa main sur les poils crasseux pour une caresse . Le chat le griffa à la joue où des gouttes de sang perlèrent . Il avait eu une réaction semblable à l'humain . On ne peut pas lui en vouloir . Quand on souffre, on devient agressif . Tout et tout le monde semble comme une attaque qu'il faut contrer avec violence . Bill soupira . Il n'était pas différent de ce chat .
Il marcha , sans jamais s'arrêter il marcha . Il s'enfonça plus profondément dans des ruelles qu'il ne connaissait pas , des ruelles sombres , des ruelles puantes . Il passa devant des dealers , devant des prostituées , devant des maisons délabrés , des bordels , des bars et des boîtes de strip-tease . Là-bas au loin, il y avait une église abandonnée . A se demander ce qu'elle foutait là .

Au coin d'une rue , une femme était assise . Elle semblait tout à fait déplacée en cet endroit . Elle était habillée d'une longue robe rouge sang magnifique, très moulante et au décolleté affolant . Elle avait de longs cheveux noirs , lisses à en mourir et d'un soyeux étonnant . Sa pose même était celle d'une diva . Elle était belle , d'une drôle de beauté cependant . D'une beauté qui semblait intemporelle . Elle – même semblait intemporelle . Elle n'avait pas d'âge . Elle ne semblait ni vieille , ni jeune , ni entre les d'eux . Elle était d'une beauté dérangeante . Elle-même était dérangeante . Elle semblait construite d'orgueil . De sa tête haute Bill l'a considéra un instant en fronçant les sourcils . Puis pensant qu'elle devait être une pute de luxe peut être un peu déchue , il recommença à marcher . Mais c'était sans compter que la femme l'appellerait . Il se retourna doucement et la regarda mais elle fixait le vide . Alors il se remit à marcher .

- Bill
- Je ... Vous m'avez appelé ?
- Viens Bill

Ill s'approcha d'elle sans savoir pourquoi . Un frisson lui parcouru l'échine quand il vit ses yeux noirs aux drôles de reflets ... rouges ? La fatigue devait le gagner . Elle était cruellement voluptueuse . Il laissa ses yeux caresser un instant ses seins fournis et à peine dissimuler . Il n'y avait même pas d'envie là dedans , pas une pointe d'excitation . Il ne ressentait aucune attirance sexuelle , aucun attrait physique comme ce dut être le cas . Il était las de tout . Même de la chaire .

- Comment vous me connaissez ?
- Tout le monde te connaît Bill .

Il étouffa un juron . C'est pas possible que même ici on parvenait à le reconnaître . Il donna un coup de pieds dans un caillou qui fit quelques bons. Il se sentait fiévreux .
- Vous allez me lâchez oui ! Laissez moi respirer !
- Ce n'est pas ce que tu crois Bill .
- Allez au diable !

La femme murmura un « tu ne crois pas si bien dire » . Sans y prêter attention, il repartit d'un pas rageux mais une main brûlante le retint . Il se défit de l'étreinte de cette main avec une grimace de douleur . Il regarda la femme d'un ½il effaré.

- Mais qui êtes vous ?
- Je suis Lucie .
- Laissez moi partir !
- Je sais ce que tu ressens Bill .
- Vous ne savez rien !
- Je sais que tu te sens seul . Je sais que la célébrité te rend fou .

Il la regarda encore plus effaré . Il était tout en même temps effrayé et attiré par elle . Non physiquement , encore une fois , il ne comprenait pas . Sa voix était envoûtante . D'un monocorde prisant .

- Je sais que tu n'en peux plus . Que tu veux mourir .
- Non ... Non ! Je ne veux pas mourir !
- Nous allons mourir ensemble .
- Vous ne devez pas mourir . Pas plus que moi !
- Ne te fais pas l'avocat du diable mon petit .

Sa voix continuait tel un envoûtement . Il avait l'impression que petit à petit , ses mots s'intégraient à sa pensée .

- Tu les hais tous n'est-ce pas . Tu sens la haine . Tu la sens hein . Elle te bouffe cette haine tu n'en peux plus .

Des larmes commencèrent à inonder les joues de Bill . La lassitude qui le chargeait se transformait en désespoir et tristesse au contact de cette Lucie . Il voulut fuir elle le rattrapa . Elle saisit ses deux poignets qui se mirent à lui brûler atrocement . Sans effort, elle le maîtrisait. Comme son apparence sans âge , sa force ne semblait pas lui demander concentration . Sa force n'était comme pas sexuée , pas humaine . Bill se convulsa pour se défaire de cette immonde personne en poussant des hurlements apeurés . Il ne sentait plus ses poignets tant ils chauffaient . Il hurla de douleur . Des gouttes de sueurs perlèrent sur son front où ses cheveux noirs se collaient . La voix de la femme avait perdu son timbre humain . Il lui semblait mécanique . Venu d'outre tombe .

- Tu n'as rien à faire ici .
- Ce n'est pas vrai .
- Tout le monde souhaite te voir partir .
- Ce n'est pas vrai ! Arrêtez !
- Meurs Bill . Meurs . Tu es déjà mort ici !
- Noooon ...

Il éclata en sanglot . Il brûlait littéralement de l'intérieur . Lucie le lâcha et il tomba à terre violemment . Il se recroquevilla , les poignets meurtris, le corps tremblant et en sueur . Il devait mourir . Il le savait à présent . Il regarda Lucie qui le fixait paisiblement . Elle s'approcha de lui et posa ses lèvres sur les siennes . Ce n'était pas un baiser d'amour, de tendresse , ni de quoi que se soit . Ce n'était pas même un baiser mais une transmission . Ses lèvres le brûlèrent et une douleur abominable lui traversa tout le corps . Le diable au corps d'ailleurs . Il hocha la tête et courut aussi vite qu'il pu à sa chambre d'hôtel .
Quand Tom le vit un soulagement lui décompressa la poitrine .

- Mais t'étais passé où ?

Il prit dans ses bras son frère qui le repoussa avec une violence inouïe . Tom regarda Bill totalement décontenancé . Une lueur démente brûlait dans ses yeux . Sans qu'il ne comprit ce qui se passait , Bill attrapa un couteau de cuisine et se l'enfonça dans le ventre après un « Au revoir Tom » sans vie . Tom hurla . Au sol, Bill était agité de derniers spasmes de vie . Il se mourait . Une marre de sang entourait son corps convulsé .

Dans la ruelle, Lucie souriait .


Le Diable venait de prendre une nouvelle âme

# Posté le jeudi 05 avril 2007 09:04

Modifié le jeudi 05 avril 2007 13:45

ONE SHOT 3.

ONE SHOT 3.
Désolée mais toujours pas la suite , non ... Mon amie est partie hier soir et c'est que j'avais des heures de sommeil à rattraper moi ^^ Du sommeil à rattraper accentué par la décadence ambiante ( ouais parce que vous savez , t'as beau être insomniaque de nature , étrangement la fatigue des nuits blanches est vachement appuyée quand c'est avec de l'alcool , de mini-trou noir et d'autres trucs qu'on dit pas uh uh ^^ ) Ça plus
un rangeach' ( oui je sais que ça existe pas hein >< ) de chambre a faire rapidement ... genre planquage ( je sais aussi , oui -__- ) de bouteilles, aération pour disparition des odeurs suspectes , nettoyage de truc attaqué par les conséquence moins marrantes de la bouteilles ... enfin soit si je vous raconte ma vie, c'est pour me trouver une justification .
Après, il faut que je m'y remette aussi . C'est que c'est pas toujours évident de trouver la motivation . En plus que mon histoire se construit de façon étrange . J'ai des scènes en tête , parfois même juste des répliques qui me semblent intéressantes , des bouts de vie d'un personnage qu'il me semblerait judicieux d'intégrer ... Et c'est autour de ces fragments que tout se construit . Seulement parfois l'inspiration est dur a venir quand à savoir comment intégrer telle scène , où placer telle réplique , comment lier tout ensemble , comment essayer de faire quelque chose d'homogène .
En plus que je ne veux pas tomber dans le niais , ni dans la caricature , ni dans un truc qui semble trop et trop et trop déjà-vu . Je n'ai aucune idée de ce à quoi je veux arriver au juste , c'est pas évident . Je pense beaucoup à l'évolution de Roxane ce qui n'est pas non plus super simple étant donné que Roxane du niveau des sentiments , de la façon de penser , les craintes etc c'est un petit peu moi . Enfin j'ai conscience qu'il me faut continuer et m'y remettre . Je n'ai plus qu'une semaine de vacances et après je suppose que je posterai moins souvent parce que j'aurai moins de temps et que j'écris principalement la nuit . ( Oui en période scolaire , j'essai de me tenir à un rythme de sommeil un peu moins décalé , pas que de dormir de 5h a 7h tout les jours c'est le genre de truc a te zombifié totalement , mais un petit peu quand meme ( si si croyez en mon expérience , tu tiens quelques semaines comme ça mais après un moment tu tiens plus ... c'est pas que les trous noirs en permanence , les petits points dorés devant les yeux et les gerbes a répétition ne me plaisent pas mais on se lasse ... ) ) Enfin je raconte encore ma vie .
Après , je suis désolée de ne pas laisser de commentaires sur tous les blogs qu'on me demande de visiter ... ça ne veut pas forcément dire que je n'y vais pas mais je trouve souvent que ce que je pourrais dire dans mon commentaire sera inutile alors je ne poste pas . Pour les fics écrites en abrégé ou pleines de fautes d'orthographes , je suis sincèrement désolée mais je ne les lis tout simplement pas ( je ne dis pas que je ne fais jamais de fautes mais je pense que ça reste dans la limite du raisonnable ) C'est pas que je ne veux pas mais ça m'est simplement impossible de me plonger dans une histoire écrite comme ça où je suis agacée à chaque mot par une certaine orthographe ^^ Pareillement purs les coms , ceux écrits en dit « bon français » me touchent plus facilement ... ( ce qui ne veut pas dire que les autres ne me font pas super plaisir et que ce qui y est dit ne peux pas être touchant et appreciable a lire ^^) Wouhou mais c'est génial ce que vous venez d'apprendre dans mon berdellage là ... Je suis une alcoolique , droguée, insomniaque , qui dort tellement pas qu'elle s'évanouit à moitié-vomi-tout-le-temps-vois-des-points-dorés ( crise d'hypoglycémie oblige aussi ) et est une maniaque de l'orthographe . Je devrais raconter ma vie plus souvent tiens, ça donne pas du tout une image néfaste de moi-même . Hum , j'espère que vous reviendrez quand même ? ^^
Enfin , une one-shot qui date un peu ( un peu beaucoup ) pour patienter . Cette one-shot ... parce que décidément les départs me traumatisent ... arf ^^ Sinon, elle est nulle j'en ai conscience . J'ai pas voulu y retoucher pour l'améliorer pour autant , allez savoir pourquoi . J'essaierai d'écrire cette nuit mais je ne promets rien .

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J'étais couchée dans cette fraîcheur verte , mes doigts prenant plaisir à se mêler à l'herbe . Ma poitrine se soulevait sereinement sous le plaisir et je ne pouvais effacé ce con de sourire de mon visage . Mais là , seule au milieu de la nuit, qu'importait qu'un sourire idiot anime ou non mon visage ?
L'obscurité me faisait corps. Un sentiment de liberté s'emparait de moi. Je fermai les yeux pour me délecter du vent qui passait et un rire enfantin s'échappa du fond de ma gorge quand la brise s'engouffra sous ma robe légère d'un tissu noir doux contre ma peau. Je rouvris les paupières et mon c½ur fis le même bond de surprise qu'à chaque fois que j'ouvrais les yeux sur le ciel bleu nuit parsemé de tant d'étoiles. Je leurs avait beaucoup parlé, leurs avais donné des noms, conté des histoires , inventé une vie d'étoile. Je m'étais confié à elle comme si ce simple fait apaisait mes maux . Le temps s'arrêtait au fur et à mesure que j'entendais le son de ma voix murmurer mes pensées aussitôt recueillies par mes bienveillantes.
C'est étrange je sentais comme une présence. Sans pour autant que cela m'effraie. Certainement mon imagination. J'allumai la musique dans mes oreilles , les yeux perdus dans mes étoiles. Mon c½ur se serra sous les mot que j 'entendais ... Des larmes qui n'appartenaient pas à la tristesse se mirent à inonder silencieusement mes joues alors que mon esprit était soudain habité de Lui. Je tremblai les bras refermés sur la poitrine. Je soupirai .
Je me sentais si sereine. J'aurais voulu contenir toutes les étoiles pour me les garder et tendis les bras vers le ciel. Une petite voix me murmura qu'il me faudrait les partager. Soudain je me levai et commençai à courir au quatre coins de mon jardin comme une enfant . Ma robe tantôt se collant à mon corps tantôt s'envolant. Je ris. Seule ainsi, je dansai en tête à tête avec ma musique. Je sautai, ris, couru, dansai, ris encore, dansai, couru, pensai, pensai, pensai ... Ce qu'il était bon d'avoir mes pieds nus dans l'herbe fraîche ... Qu'il était bon de me les écorcher ...
Je commençai à tourner sur moi même encore et encore et encore et encore ... Je perdis l' équilibre et tombai en douceur avec une impression de ralenti ... Tout tournait et un rire m'échappa. Quelqu'un était à côté de moi. Je le sentais et je savais ... Sans quitter le ciel des yeux, j'entendis ma voix briser le silence.

- Ca fait longtemps que t'es là ?
- Comment tu sais que c'est moi sans même m'avoir regarder ?
- On ne réponds pas à une question par une autre question mon cher. Mais j'ai su. C'est tout.

Il rit. Et ça me prit « là »

- C'est tout. Le c'est tout qui se veut autoritaire ?

Je souris.

- Tout à fait. Ce c'est tout là. Alors ça fait longtemps que t'es là ?
- Assez longtemps pour avoir pu te voir rire , pleurer, courir, sauter, danser, tomber, et parler à tes étoiles
- A tout ça quand même.
- Ne rougis pas.
- Il fait trop sombre pour que tu ne perçoives mes éventuels rougissements.
- Ah parce que tu ne rougis pas ?

Je frôlai l'herbe de mes doigts. Mon c½ur allait se décrocher à ce rythme là. Je soupirai.

- Si.
- Et bien tu vois.

Je ne le regardai pas mais je pouvais imaginer parfaitement l'ombre de sourire paisible et satisfait qui venait de se dessiner sur son visage pâle. Un silence s'installa qu'il rompit.

- Tu es étrange.
- Tu m'as toujours répété que j'étais normale. Que si anormaux il y avait c'était les autres.
- C'est vrai aussi.

J'écoutai ma respiration et la calquai sur la sienne. Je me répétais ses derniers mots . Je ne comprenais pas . Qu'avais-je d'anormalement normal ? ou de normalement étrange ?

- Ne lève pas ton sourcil en signe d'incompréhension dit-il
- Mais ...
- Non. Dis-toi juste que tu es l'équilibre . C'est tout .

Je ne compris toujours mais je me sentais admirablement bien. Gênée aussi. Je devinai le moindre de ces gestes et expression de visage. Je repris :

- Ne souris pas de façon si imperceptible en sentant le trouble que tu fais naître en moi.
- Je te trouble ?
- Peut être.
- Tu es étrange.
- Je sais. Toi aussi.
- Je sais. Tu ne m'as même pas posé la question.
- Question qui est ?
- Qui est : quand c'est qu'on s'embrasse.

Je ris impulsivement en me demandant comment mon c½ur avait survécu au bond qu'il venait de faire dans ma poitrine. Mais depuis longtemps j'avais appris à assez bien me contrôler et à ne montrer que ce que je voulais bien . Sauf qu'avec lui c'était différent, c'était le seul qui perçait la carapace. J'articulai tout de même d'une voix calme

- En voilà un qui ne doute point des désirs qu'il donne à la gente féminine
- Pas à la gente féminine. Juste à toi. Toi qui est fine psychologue devrait savoir que une assurance feinte peut être un masque à beaucoup de doutes justement.
- Question qui est ?

Il fut surpris que je ne rebondisse pas sur son insinuation. Je venais de le déstabiliser et en tirai une certaine fierté.

- Ce que je fous là.
- Tu es apparemment venu regardé les étoiles. Et j'ose espérer que si tu es venu dans mon jardin à moi pour regarder les étoiles c'est que tu avais envie de moi.

Je bafouillai prenant conscience de ma phrase :

- De ...enfin je veux dire ... envie de ma présence...

Il rit un peu puis laissa un silence pendant lequel il savourait encore ma confusion .

- Ça n'a pas l'air de te surprendre.
- Oh non non absolument pas. Je trouve tout à fait normal que tu sois là couché à côté de moi dans mon jardin a 3h du matin ... Dis-je ironique.
- Je voulais te voir. dit-il d'une voix timide semblant s'excuser
- J'ai pas dit que ça me déplaisait. Oui je suis surprise. Mais oui j'aime ça.
- J'aime ça aussi.

Quel était exactement ce ça ? ... Je su que l'on se posait tout deux cette même question mais ni lui ni moi ne la formula. Pour en tirer quelle réponse après tout ? Mieux valait ne pas définir ce ça ... peut être indéfinissable par des mots. Et je su qu'il avait tiré la même conclusion que moi. Nous sourîmes en même temps .
Dans le noir sa main saisit la mienne , je sursautai mais rapidement j'emmêlai mes doigts dans les siens .

- Je n'ai pas envie de te lâcher .
- Et bien ne me lâche pas .

Son silence me fit peur. Prise d'un pressentiment effrayant , je serrai sa main plus fort dans la mienne . Lui ne bougeais pas .

- Tu ne me quitteras pas hein .
- ...
- Dis ! Tu ne me quitteras pas !
- ...
- Mais enfin réponds , dis moi que -

Des lèvres froides se posèrent sur les miennes , m'interrompant . Dans un premier temps, surprise , je ne répondis pas au baiser proposé . Puis je l'embrassai .

- Tu m'aimes ?
- Je ... euh , et bien oui .
- Moi je ne peux pas t'aimer .

Je sursautai de surprise , surprise douloureuse . Je crus ou plutôt j'espérai avoir mal compris . Je ne pensais pas que mon corps pouvait réagir aussi vite à une simple phrase . Je frissonnai . Et restai quelques secondes muettes comme si un coup m'avait frappée avec force au plexus .

- Tu quoi ?!
- Je ne peux pas t'aimer , je ... je suis désolé .
- Mais ... Mais pourquoi ?
- Parce que c'est comme ça . Ne cherche pas à comprendre .

Des larmes me nouaient la gorge . Une vague d'incompréhension complète m'emplissait . Puis de la colère . Il n'avait pas à me mentir .

- Ne dis pas que tu ne peux ! Si tu ne m'aimes pas je comprendrai !
- Non , je ne peux pas , je t'aime mais je ne peux pas .

Sur ses mots, il se leva et commença à partir à grandes enjambées . Je ne savais plus quelle réaction adoptée . Des larmes avait commencé a couler le long de mes joues sans que j'en prenne tout à fait conscience . Il partait . Il partait pour de vrai , pour de bon, pour toujours . Le retenir ! Il fallait le retenir !

- Non, ne pars pas ! T'as pas le droit de partir comme ça !
- Oh si j'en ai le droit .
- J'ai besoin d'une explication !
- Il n'y en a pas .

Son visage était presque impassible . Si je ne le connaissais pas comme je le connais, j'aurais cru qu'il s'en foutait complètement . Il me tourna le dos et recommença à partir . J'éclatai en sanglot . Je ne me souciais même plus de ma fierté .

- Reste , je t'en supplie !
- Arrête ça !
- Non . Je t'en supplie ! Je suis l'équilibre !
- Je sais ... Mais je perds pieds , plus d'équilibre.
- Je suis l'équilibre ...

Je me laissai tomber à terre où je continuais à le suivre à quatre pattes en gémissant et en le suppliant . J'étais tout simplement minable , pitoyable, détestable . Il se tourna et me lança un regard effaré .

- Mais lève toi !
- Ne pars pas !

Il hésita . Puis partit sans un mot alors que je pleurais toujours, le front contre le sol . Le dernier regard qu'il m'adressa était gonflé de déception . Je m'en voulus toujours .

Après ça , je n'essayai plus jamais de retenir qui que se soit . J'avais essayé de le retenir lui pour tous les autres que j'aurais du par la suite . Je restai seule .





PS : J'adore cette image ...

# Posté le dimanche 08 avril 2007 17:48